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jmbarga

Je Saisis Une Vision Du Monde OĂč Le PrĂ©sent Est Le Creuset Dans Lequel Le PassĂ© (hier) Ne Meurt Jamais, Car Il Doit Donner Naissance Au Futur (demain)

March 15, 2024 by jmbarga

Vous avez dĂ©jĂ  Ă©crit une dizaine d’ouvrages dans le domaine spirituel et l’approfondissement de la foi, pourquoi avez-vous ressenti le besoin de vous attaquer cette fois Ă  la poĂ©sie ?

D’abord merci Ă©normĂ©ment pour l’intĂ©rĂȘt que vous portez Ă  cette modeste publication.

La rĂ©ponse Ă  votre question est dans le poĂšme sur le PrĂȘtre. Je suis un pont, un lien. Tout ce qui est humain doit ĂȘtre portĂ© Ă  Dieu, et tout l’univers divin doit trouver place dans le monde humain.

ConcrĂštement, j’ai dĂ©cidĂ© de publier ce recueil de poĂ©sie afin de prendre place, comme prĂȘtre, dans le monde de lumiĂšre qu’est la LittĂ©rature. Les Écrivains, Ă  mon avis, sont des guides vĂ©ritables, que devraient Ă©couter ceux qui dirigent. Conduire sans les phares est un danger pour tous, de mĂȘme diriger sans Ă©couter les guides. J’entends ainsi faire entendre ma faible voix dans le chƓur de celles et ceux qui Ă©clairent par les paroles et les mots.

Le titre de votre recueil de poĂšmes ‘YÀÀNI’ est en langue Basa’a. Comment mettez-vous en perspective ce titre avec l’ensemble des poĂšmes du recueil ? S’agirait-il lĂ  d’un syncrĂ©tisme culturel ou mĂȘme d’une inculturation littĂ©raire ? (rires)

De prime abord, il faut dire que je me sers du français comme un vĂ©hicule et je compose en Ă©coutant au fond de mon cƓur le gĂ©nie de la langue Basa’a. Comment on dirait ceci ? Comment exprimerait-on telle idĂ©e en Basa’a ? Donc j’essaie de laisser rĂ©sonner la culture Basa’a dans ma pensĂ©e.

C’est ainsi que justement le terme YĂ Ă ni me donne de dĂ©couvrir tout une philosophie, une vision du monde. Le mĂȘme terme YĂ Ă ni dĂ©signe hier et demain ! Au-delĂ  d’une apparente pauvretĂ© de vocabulaire, je saisis une vision du monde oĂč le PrĂ©sent est le creuset dans lequel le PassĂ© (Hier) ne meurt jamais, car il doit donner naissance au Futur (demain).

Je n’oserais pas parler de syncrĂ©tisme littĂ©raire, mais plutĂŽt d’une mise en valeur de nos langues nationales, qui nous permettent d’exister, de nous affirmer et de nous rencontrer.

D’une maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale quelle est l’importance du choix du langage et des maux dans votre travail de poĂšte ?

C’est une question difficile pour moi, car je distingue langue et langage. Dans le langage, je mettrais la forme littĂ©raire, qui me permettrait de mieux m’exprimer. Mais d’abord, je refuse de faire de la poĂ©sie classique avec la versification selon le nombre de pieds ou de syllabes, parce que je n’en suis pas capable et surtout parce que je conteste l’idĂ©e selon laquelle la PoĂ©sie soit une invention GrĂ©co-occidentale. Chaque maman qui tient son bĂ©bĂ© dans ses bras devient poĂ©tesse, comme le mĂąle qui s’attaque Ă  la forĂȘt vierge de ma campagne au rythme d’une musique intĂ©rieure. J’entends monter souvent en moi la voix de ma grand-mĂšre encourageant ses petits-enfants, filles et garçons, en train de quĂ©mander la vie Ă  la terre.

Vous comprenez que je ne choisis pas les mots : comme dit dans le poĂšme d’ouverture, je contemple, je me laisse habiter, possĂ©der et pour retrouver ma libertĂ©, je tiens le clavier de mon tĂ©lĂ©phone et j’Ă©cris d’un jet ce que je ressens, quitte Ă  corriger aprĂšs, une fois sortie de la transe.

Dans la « Blanche colĂšre de Noir » de vos Ă©crits, vous semblez insister sur la nĂ©cessitĂ© de fĂ©dĂ©rer nos Ă©nergies et de diriger notre regard vers la lumiĂšre. Par ailleurs, vous vous appuyez sur nos hĂ©ros et nos nombreuses rĂ©fĂ©rences culturelles. Comment ces points d’appui peuvent servir de lanternes pour arriver aux objectifs dĂ©sirĂ©s ? 

Le Futur est prĂ©parĂ©, cuit dans la marmite du PrĂ©sent oĂč se trouve dĂ©jĂ  le PassĂ©. Nous ne sommes pas les premiers habitants de ce Triangle, nous ne sommes pas les premiers ĂȘtres Ă  semer nos gĂ©missements sur les routes de nos errances ou les champs de nos souffrances. Les combats menĂ©s aujourd’hui pour l’existence, la valeur de la vie, la libertĂ© respirĂ©e Ă  pleins poumons, ces combats ont Ă©tĂ© menĂ©s par nos HĂ©ros qu’on tient Ă  maintenir sous le boisseau de l’indiffĂ©rence.

Vous savez, on ne se valorise pas en dĂ©valorisant l’autre. Tu ne peux dĂ©valoriser l’autre que parce que tu t’es dĂ©jĂ  dĂ©valorisĂ© toi-mĂȘme.

Nous ne faisons que poursuivre timidement et humblement ces Phares que sont Um NyobĂš, OuandiĂ©, Osende Afana, Mveng, Philombe et j’en oublie. Mais nous ne pouvons pas nous relier aux HĂ©ros du PassĂ© si, au PrĂ©sent, nous ne mettons pas ensemble nos petits scintillements individuels pour en faire une LumiĂšre Ă©blouissante qui traverse les Ă©cailles de tous les aveugles obstinĂ©s. Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons vivre, nous battre et vaincre. Aucun ĂȘtre humain n’est une Ăźle !

CĂ©saire dit dans Cahier d’un retour au pays natal : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la libertĂ© de celles qui s’affaissent au cachot du dĂ©sespoir. » En tant que poĂšte de notre Ă©poque et dans notre gĂ©ographie, est-ce que vous vous inscrivez dans une dĂ©marche similaire ?

Absolument ! La Parole que je porte est le tonnerre qui brise les rochers séculaires des consciences anesthésiées.

Voyez-vous, le travail le plus compliquĂ© dans la croissance d’un peuple, c’est la transformation de la mentalitĂ©. Tout le monde se prĂ©occupe du manque d’infrastructures sanitaires, de la bonne tenue des voiries urbaines, etc. Toutes choses utiles, Ă©videmment. TrĂšs peu, cependant, s’intĂ©ressent Ă  la construction de l’esprit humain. Sans le dĂ©veloppement de la richesse humaine, il n’y aura pas du tout dĂ©veloppement, pour le dire avec le philosophe Njoh Mouelle Ebenezer.

Tout en parlant donc au nom de celles et ceux qui n’ont assez de souffle que pour tenir debout, je leur parle aussi pour qu’ils se redressent, se tournent vers la LumiĂšre qui pointe Ă  l’horizon.

Le poĂšte est un devin, et vous ĂȘtes un prĂȘtre. L’on est tentĂ© de vous demander quels grands secrets sont enfermĂ©s dans notre triangle national pour que ses composantes vous habitent avec tant de force ? Que rĂ©pondriez-vous Ă  un lecteur qui trouve alors que votre recueil de poĂšmes distille une poĂ©sie du « HemlĂš » bien connu chez nous ?

Je suis d’accord avec vous : le poĂšte est un devin, c’est un prophĂšte, comme le prĂȘtre que je suis. Merci d’avoir perçu ce HemlĂš qui m’anime, en vrai Camerounais.

En plus de l’amour-passion que j’ai pour le Cameroun, car c’est la Terre oĂč m’a posĂ© mon CrĂ©ateur, comme lieu de mon Ă©panouissement et de mon salut, je porte en moi cette vision du Cameroun qui est en construction. Les fondations sont jetĂ©es par le sacrifice de tous ces HĂ©ros dont le Sang irrigue aujourd’hui, dans le silence de l’indiffĂ©rence et de l’anonymat, l’esprit des Jeunes femmes et hommes. Tout le monde s’agite dans le domaine politique, qui ne nous apportera pas le bien-ĂȘtre. C’est l’humain, passĂ© par le pressoir de la souffrance, et habitĂ© par ce HemlĂš que rien ni personne ne peut arracher du cƓur des Camerounais, c’est cet humain qui va briser le pouvoir de Satan, et faire jaillir la LumiĂšre dont notre pays est porteur…

Quels sont les poĂštes ou les Ɠuvres littĂ©raires qui ont eu l’influence la plus importante sur votre travail ? Et quels conseils donneriez-vous aux poĂštes en herbe ?

Mon oncle maternel, qui vit encore, m’a transmis le virus de la lecture. Je ne serai pas honnĂȘte si je disais avoir subi l’influence de tel poĂšte ou de tel Ă©crivain. Je suis en train de suivre la route qui m’est tracĂ©e. Toutes les lectures faites, comme celle de Ernest Hemingway, de CĂ©saire, NyunaĂŻ (qui a composĂ© des poĂšmes en Basa’a), de Constant Virgil Gheorghiu, Mveng et autres, ces lectures ont Ă©tĂ© Ă©levĂ©es dans le fĂ»t de la Parole de Dieu, dont le Souffle m’habite et me porte.

Quels conseils donner : lire, lire et lire; ensuite Ă©couter le retentissement intĂ©rieur du monde extĂ©rieur ; enfin Ă©crire, non pas pour ĂȘtre quelqu’un, on l’est dĂ©jĂ , mais pour risquer le partage, aller vers les autres et se laisser accueillir ou ignorer.

Pour finir, un mot sur vos prochains travaux ou projets littéraires et comment trouver votre livre actuellement ?

Le vol de mon laptop a brisĂ© l’Ă©lan de mon esprit sur un projet poĂ©tique qui me tenait Ă  cƓur. En attendant de me remettre dans le sens du Souffle, je travaille Ă  un nouveau recueil, que je soumettrai bientĂŽt Ă  la relecture.

Pour trouver mon livre  s’approcher de moi, de mon Ă©diteur (LA JEUNE PLUME EDITIONS) ou sur Youscribe.

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Pourquoi Faut-il BĂątir un Lieu De MĂ©moire Majestueux Au Cameroun Pour l’Écrivain Mongo Beti

November 8, 2023 by jmbarga

Avouez-le :

Vous souhaitez de temps en temps sacrifier les bagatelles, vous Ă©loigner du tapage de la vie moderne, ĂȘtre aux antipodes de la frĂ©nĂ©sie des rĂ©seaux sociaux et vous retrouver dans des lieux plus calmes oĂč vous avez l’impression d’entamer un dialogue avec de grands et nobles esprits. En somme d’ĂȘtre en tĂȘte-tĂȘte avec des personnages lĂ©gendaires inspirants. Ceux-lĂ  qui se sont sacrifiĂ©s pour laisser Ă  la postĂ©ritĂ© un monde plus juste et conforme Ă  leur idĂ©al.

Un espace du souvenir important consacrĂ© Ă  la figure illustre de l’Ă©crivain Mongo Beti pourrait ĂȘtre un de ces endroits oĂč nous retrouvons une douce quiĂ©tude et oĂč nous Ă©levons notre esprit Ă  une certaine altitude. Or, Ă  ma connaissance, il n’existe pas au Cameroun un lieu majeur du souvenir en l’honneur de notre atypique homme de lettre. Pas de rue portant son nom, point de monument Ă  sa gloire, pas mĂȘme une universitĂ© ou une grande Ă©cole d’envergure qui puisse nous rappeler son Ɠuvre colossale.

Comment donc les nouvelles gĂ©nĂ©rations seront au courant de son somptueux hĂ©ritage ? Comment pourraient-elles lui rendre l’hommage qu’il mĂ©rite ? Et puis, il y a le fait que dans un monde en perpĂ©tuelle Ă©volution et en mal de repĂšres, ce brillant intellectuel est un point d’ancrage solide. Sans action consĂ©quente, nous laisserons Ă  d’autres pays Ă  travers l’Afrique et le monde la possibilitĂ© de rĂ©cupĂ©rer complĂštement l’icĂŽne de notre littĂ©rature.

De l’UtilitĂ© Des Lieux de MĂ©moire Pour Une Nation

Toutes les sociĂ©tĂ©s organisĂ©es Ă©rigent des statues pour cĂ©lĂ©brer des personnages ayant rĂ©alisĂ© des exploits. Les lieux de mĂ©moire permettent en effet de se souvenir de ceux qui ont rĂ©pandu une certaine lumiĂšre autour d’eux avant nous.

Promouvoir nos diverses icĂŽnes dans les domaines oĂč elles se sont illustrĂ©es, c’est construire nos rĂ©fĂ©rences et garder nos valeurs tout en actualisant de maniĂšre perpĂ©tuelle nos modalitĂ©s d’existence.

Partout, dans nos villes et dans campagnes, nous devons intĂ©grer la glorification artistique avec de grands Ă©difices symboliques dĂ©diĂ©s aux hommes et aux femmes qui ont marquĂ© notre histoire. Mongo Beti lui-mĂȘme, qui a tant fait vivre Ruben Um NyobĂ© dans une partie importante de son Ɠuvre, savait mieux que quiconque l’importance de valoriser nos hĂ©ros, de les mythifier mĂȘme, lorsque la cause Ă  entretenir est d’une suprĂȘme importance.

De La Nécessité De Diffuser Le Savoir Partout

Il faut sortir la littĂ©rature des endroits convenus. Chez nous plus qu’ailleurs, pour toucher le plus grand nombre, les livres ne devraient pas seulement se retrouver dans les bibliothĂšques et dans les librairies.

La distinction spĂ©cifique de certains destins des nĂŽtres peut contribuer Ă  diffuser facilement le savoir partout en insistant sur la singularitĂ© des voix et des voies. Dans ce contexte, nous devons marquer un intĂ©rĂȘt naturel pour Mongo Beti que beaucoup considĂšrent comme l’un des plus grands Ă©crivains d’Afrique.

Sachant que l’art romanesque de notre auteur Ă©tait du cĂŽtĂ© du rĂ©alisme et clairement dans une posture en faveur du petit peuple, c’est en toute logique qu’on devrait trouver des moyens de rapprocher l’illustre homme de ces ‘petites gens’. Pourquoi ne pas construire alors une grande statue au gĂ©ant des lettres dans un quartier populaire ? Il y serait parfaitement Ă  l’aise !

Mongo Beti : Monument de la Littérature Camerounaise Au Sens Propre

Mongo Beti a touchĂ© Ă  de nombreux champs de la littĂ©rature et de la pensĂ©e. Il fut journaliste, polĂ©miste, Ă©diteur, nouvelliste, romancier et j’en passe. Au vrai, chacune de ces facettes mĂ©riterait que l’on s’y attarde pour comprendre le message que nous transmet encore l’auteur aujourd’hui. La dĂ©couverte de cet Ă©crivain majeur est exaltante, soit qu’on cherche Ă  cerner l’homme qui s’est organisĂ© tout au long de sa vie pour rester fidĂšle Ă  ses valeurs, ou que l’on veuille dĂ©couvrir son impact dans chacun des domaines auxquels il a consacrĂ© son temps.

Disons-le sans fard : Mongo Beti est un personnage Ă  part de la littĂ©rature camerounaise. En quelques dĂ©cennies, il a lĂ©guĂ© Ă  la postĂ©ritĂ© des chefs-d’Ɠuvre avec une remarquable Ă©nergie qui infuse chacun de ses ouvrages.

Les Indéniables Atouts En Faveur de Mongo Beti

Il existe un matĂ©riau abondant et profond sur Mongo Beti de maniĂšre Ă  ce qu’il soit facile de constituer pour lui une expĂ©rience de dĂ©couverte riche et fĂ©conde. On n’aura pas besoin d’aller chercher d’hypothĂ©tiques Ă©tudes dans des pays trĂšs lointains pour retracer la vie du brillant homme. La preuve ? Il suffit de taper le nom de l’auteur sur un moteur de recherche pour trouver une myriade de livres qui Ă©tudient son Ɠuvre sans discontinuitĂ©.

AprĂšs avoir Ă©tĂ© longtemps incompris, critiquĂ© et combattu, Mongo Beti est aujourd’hui un repĂšre incontestable grĂące Ă  une Ɠuvre littĂ©raire inaltĂ©rable et prĂ©sente partout. L’Ă©crivain y dĂ©veloppe les diffĂ©rents points de sa vision, une vision acĂ©rĂ©e sur la vie dans nos gĂ©ographies et dans un monde complexe et aux multiples facettes.

De La PossibilitĂ© d’Une MatĂ©rialisation CrĂ©ative

L’espace Ă  consacrer Ă  Mongo Beti par la postĂ©ritĂ© devrait Ă©videmment se focaliser sur l’hĂ©ritage du penseur hors du commun et de l’Ă©crivain de gĂ©nie ; l’endroit Ă©tant un lieu d’inspiration, d’Ă©ducation et d’ouverture au monde.

La matĂ©rialisation d’un tel espace nĂ©cessite une dĂ©clinaison robuste et crĂ©ative. Elle pourrait par exemple prendre la forme d’un musĂ©e littĂ©raire et d’un centre culturel avec divers parcours sur la vie de l’Ă©crivain et sur ses Ɠuvres. VoilĂ  comment on stimulerait des conversations entres les visiteurs, les confĂ©renciers et autres auteurs invitĂ©s ainsi que des apprentis Ă©crivains. L’offre de visite aurait des ramifications significatives sur le terrain du visuel avec un site internet fiable et des canaux de rĂ©seaux sociaux.

Il pourrait tout aussi ĂȘtre intĂ©ressant de construire une vaste bibliothĂšque, une sorte de bibliothĂšque nationale qui porterait Ă  merveille le nom du talentueux Ă©crivain. Nous ferions alors d’une pierre deux coups avec ces actions fortes !

 

Les lieux de mĂ©moire sont lĂ  in fine pour permettre Ă  une nation d’avancer sereinement comme un arbre ancrĂ© au sol par des racines solides qui peut dĂšs lors envoyer ses branches loin dans le ciel. Les personnes illustres qui parsĂšment l’histoire sont quelques-unes de ces racines. Leurs efforts, leur dĂ©termination et leurs sacrifices mĂ©ritent reconnaissance et hommages.

GrĂące Ă  une Ɠuvre herculĂ©enne, le gĂ©ant des belles-lettres camerounaises Mongo Beti fait indĂ©niablement partie de ces grands hommes pour lesquels nous devons bĂątir des lieux mĂ©moriels capables de cristalliser une vie exemplaire. Ce ne serait lĂ  qu’une Ă©tape pionniĂšre : nous avons encore tant de nos hĂ©ros Ă  honorer !

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Depuis Le DĂ©but Des Exactions Du Groupe Terroriste Boko Haram Sur Les Populations De l’ExtrĂȘme-Nord, L’idĂ©e M’est Venue D’écrire Sur Ce Sujet

June 30, 2023 by jmbarga

Comment l’ingĂ©nieur HSE que vous ĂȘtes a dĂ©veloppĂ© une passion pour les mots et la littĂ©rature et quels ont Ă©tĂ© vos plus grands dĂ©fis lors de la rĂ©daction de votre roman ?

Merci pour cette opportunitĂ© que vous m’offrez de rĂ©pondre Ă  cette question on ne peut plus rĂ©currente, sur les lĂšvres des lecteurs qui me dĂ©couvrent. Ma passion pour la littĂ©rature est nĂ©e avant mon adolescence. DĂšs ce moment dĂ©jĂ , j’étais un lecteur invĂ©tĂ©rĂ©. Je lisais de tout. Des BD jusqu’aux journaux de mon pĂšre de regrettĂ©e mĂ©moire, en passant par des romans que j’avais le bonheur d’avoir sous la main. C’était bien avant le rĂȘve rĂ©cent de devenir ingĂ©nieur HSE. De cet amour pour la lecture est nĂ© un monstre qui me hantait jour et nuit. Le monstre de l’écriture, pendant mes annĂ©es de lycĂ©e. Des annĂ©es pendant lesquelles je produisais des textes qui ne sortaient pas du pĂ©rimĂštre de ma chambre. Mais depuis le dĂ©but des exactions du groupe terroriste Boko Haram sur les populations de l’ExtrĂȘme-Nord, l’idĂ©e m’est venue d’écrire sur ce sujet ; notamment Ă  propos du sort peu enviable des rĂ©fugiĂ©s et dĂ©placĂ©s internes.

Toutefois, j’ai rencontrĂ© d’énormes difficultĂ©s lors de la rĂ©daction de ce roman. Je n’avais personne pour me conseiller, ni pour m’aider Ă  respecter ou suivre certains codes de l’écriture. J’avais aussi d’énormes difficultĂ©s lors des recherches. J’ai Ă©crit davantage avec mon cƓur qu’avec mes doigts. AprĂšs environ quatre annĂ©es de recherche et de rĂ©daction, j’ai pu mettre un point final sur le manuscrit. À ce moment seulement, j’ai eu le bonheur d’avoir des proches et amis qui m’ont aidĂ© avec la bĂȘta-lecture.

 J’ai un peu galĂ©rĂ© pour trouver la voie qui mĂšne vers les maisons d’édition (ne connaissant pas les rouages du mĂ©tier d’écrivain). Mon autodidaxie avait des limites (rires), la difficile pĂ©riode Covid 19 Ă©tait passĂ©e par là
 En plus ce n’est pas Ă©vident pour un jeune Ă©crivain de trouver une maison d’édition qui lui fera facilement confiance. Avec abnĂ©gation, j’ai cherchĂ©, avec foi, j’ai patientĂ©, et enfin avec joie, j’ai obtenu une belle collaboration avec Les Lettres MouchetĂ©es, maison d’édition qui a donnĂ© naissance Ă  Peau de misĂšre.

D’oĂč est venue la premiĂšre graine de l’idĂ©e de ce livre ? Quelle idĂ©e vous habitait sans cesse et qui a conduit Ă  la crĂ©ation de cette histoire ?

Comme je l’avais Ă©voquĂ© tantĂŽt, l’idĂ©e d’écrire cette histoire m’est venu aprĂšs les premiĂšres exactions de la nĂ©buleuse Boko Haram. De voir des rĂ©fugiĂ©s et des dĂ©placĂ©s internes dans un Ă©tat pitoyable, m’a poussĂ© Ă  me lancer dans l’écriture d’un roman, un vrai, qui devait sortir du secret de ma chambre d’étudiant.

Deux Ă©vĂ©nements m’ont particuliĂšrement marquĂ© et dĂ©cidĂ© Ă  faire parler ma plume. Le premier dĂ©clic a Ă©tĂ© de voir une jeune mĂšre en pleurs portant dans ses bras son bĂ©bĂ©. DĂ©boussolĂ©e, elle demandait de l’aide aux passants. Elle avait perdu son mari quelques jours plus tĂŽt lors d’une attaque de sa localitĂ© prĂšs de la frontiĂšre nigĂ©riane.

Le deuxiĂšme Ă©vĂ©nement, je l’avais vĂ©cu quelques jours plus tard. Alors que je me rendais au terrain de foot dans mon quartier DoualarĂ©, (l’un des quartiers populaires de la ville de Maroua qui abrite plusieurs rĂ©fugiĂ©s et dĂ©placĂ©s internes) j’ai eu la tristesse de vivre une scĂšne. Des gamins jouant au foot huaient l’un d’eux, l’empĂȘchant de jouer avec eux. Des insultes fusaient : ‘’va-t’en Boko Haram’’, ‘’fils de rĂ©fugiĂ©s’’. J’appris par la suite qu’il Ă©tait traitĂ© ainsi pour le simple fait qu’il soit rĂ©fugiĂ©.

De ces Ă©vĂ©nements sont nĂ©es mes idĂ©es d’écriture de mon roman.

Il y a de nombreux faits assez prĂ©cis dans votre roman. Avez-vous menĂ© un travail minutieux de recherche ou l’histoire est davantage issue de votre imagination ?

Je dis d’emblĂ©e que l’histoire dans sa grande partie est issue de mon imagination. Mes nombreuses lectures depuis des annĂ©es ont nourri mon imagination. NĂ©anmoins, certaines scĂšnes qui ont servi Ă  meubler les pĂ©ripĂ©ties de mon roman, sont inspirĂ©es d’évĂ©nements rĂ©els, notamment ceux relayĂ©s par la presse locale et internationale. Je pense Ă  l’enlĂšvement de jeunes collĂ©giennes de Chibok au NigĂ©ria, ou des attentats Ă  la bombe dans la ville de Maroua.

Votre roman est dense et aborde une multitude de thĂšmes. Pouvez-vous nous en rappeler quelques-uns et la raison pour laquelle ils ont particuliĂšrement retenu votre attention ? Qu’est-ce qui vous a donnĂ© envie d’explorer ces thĂšmes dans le cadre d’une fiction ?

Une multitude de thĂšmes jalonnent le roman Peau de misĂšre. L’insĂ©curitĂ© occupe la premiĂšre place. Celle-ci est créée et entretenue par la secte terroriste Boko Haram. En outre, il y a la double peine des rĂ©fugiĂ©s et dĂ©placĂ©s internes qui provient de cette insĂ©curitĂ©. Les victimes de l’armĂ©e du mal qui cherchent un havre de paix dans des contrĂ©es jugĂ©es sĂ»res, sont trĂšs vite rattrapĂ©es par une rĂ©alitĂ© bien triste : leur discrimination par les populations hĂŽtes.

 J’ai aussi abordĂ© le thĂšme de l’extrĂȘme pauvretĂ© et de la sous-scolarisation qui sont des agents vecteurs de l’insĂ©curitĂ© Ă©voquĂ©e plus haut.

Enfin, d’autres maux sociaux comme la justice populaire, le dĂ©lit de faciĂšs, l’exode rural, le viol, la violence conjugale, le mariage forcĂ© et le mariage prĂ©coce sont Ă©voquĂ©s.

 Ces thĂšmes ont particuliĂšrement retenu mon attention parce qu’ils sont d’actualitĂ©. En outre, ce sont des maux sociaux qui dĂ©passent largement le cadre gĂ©ographique de mon ExtrĂȘme-Nord natal oĂč se dĂ©roule la plupart des scĂšnes de ce roman. Des rĂ©fugiĂ©s, on en trouve partout : l’Est de la RDC, dans les deux Soudans, dans la partie anglophone du Cameroun (que j’ai aussi Ă©voquĂ© dans mon roman), et mĂȘme en plein cƓur de l’Europe (avec le conflit Russie-Ukraine), etc.

 Il en est de mĂȘme pour la pauvretĂ©, la sous-scolarisation, les violences faites Ă  la femme, la condition pitoyable de la veuve et de l’orphelin. Ce sont des choses qui nous touchent, de prĂšs ou de loin. Et naturellement, ça parle Ă  ma sensibilitĂ©. C’est le canal par lequel je sensibilise et lance des cris d’alerte pour dire stop aux guerres, stop Ă  la discrimination, Ă  la stigmatisation, et Ă  toute sorte de violence.

Comment avez-vous rĂ©ussi Ă  trouver le bon Ă©quilibre entre votre activitĂ© professionnelle et l’écriture ? Y a-t-il des astuces qui vous ont aidĂ© Ă  vous mettre dans le bain lorsque vous avez trouvĂ© des moments pour travailler sur votre livre ?

Quand j’écrivais mon livre, j’avais eu une grĂące relative d’ĂȘtre en chĂŽmage (rires). Pendant un peu plus d’un an, je me suis consacrĂ© uniquement aux recherches et Ă  la rĂ©daction de mon manuscrit, jusqu’à l’obtention d’un emploi. Mais je parvenais Ă  trouver tant bien que mal un certain Ă©quilibre entre mon activitĂ© professionnelle et l’écriture. À des moments, j’étais trĂšs inspirĂ©, je vivais de moins en moins le syndrome de la page blanche, ce qui me permettait d’avancer peu Ă  peu malgrĂ© mon emploi du temps chargĂ©.

De ce fait, quels conseils donneriez-vous Ă  celui ou celle qui se lance dans l’écriture d’un roman ?

Je n’ai qu’un conseil qui me vient d’emblĂ©e Ă  l’esprit : la lecture. Celui ou celle qui veut se lancer dans l’écriture doit lire. C’est ce que ma faible expĂ©rience me permet de donner comme conseil aux futurs auteurs et autrices. Celui ou celle qui n’aime pas lire ne peut pas prĂ©tendre Ă©crire quelque chose de bon. AprĂšs, c’est un avis personnel et discutable. Mais c’est ma conviction. Pour ma part, j’ai Ă©crit parce que j’ai lu. C’est ma façon de rendre au livre ce qu’il m’a donnĂ©. En outre, Ă©crire demande de plonger dans la lecture de divers styles de romans ; ce qui permet d’enrichir et de diversifier notre vocabulaire.

S’il y a d’autres conseils Ă  donner, c’est de faire le choix d’un objectif minimal. Par exemple, Ă©crire 100 Ă  150 mots par jour. Mais aussi savoir se libĂ©rer de toute sorte de distraction pendant ces phases d’écriture. Avoir foi en ce qu’on Ă©crit et demander conseil auprĂšs de ceux qui ont une certaine expĂ©rience dans le domaine.

Pour finir, qu’espĂ©rez-vous que ce premier rĂ©vĂšle de vous en tant qu’auteur et que pouvons-nous attendre de vous Ă  l’avenir ?

 J’espĂšre que mon premier livre Ă©duque, sensibilise, lance un cri d’alerte et surtout serve de miroir Ă  des personnes qui par ignorance ou par quelques mĂ©chancetĂ©s jugent, stigmatisent, discriminent le rĂ©fugiĂ©, l’inconnu. Mais avant, que ce livre donne espoir Ă  ces personnes traumatisĂ©es par la guerre. Puisque mon roman Peau de misĂšre porte sur les rĂ©fugiĂ©s, j’irai loin pour rĂȘver avec l’auteur palestinien Gulwali Passarlay (que j’aime tant citer) qui dit : “ si je fais un seul rĂȘve, c’est celui-ci : que, dans le futur, un enfant lise ce livre et demande: “ c’est quoi un rĂ©fugiĂ© ?”

 Comme auteur, j’espĂšre de tout cƓur faire partie de ces Ă©crivains qui Ɠuvrent pour le bien- ĂȘtre des opprimĂ©s. Un auteur qui apporte sa modeste pierre Ă  la construction difficile mais possible d’un monde sans injustice, sans discrimination. Je veux qu’on se souvienne de moi comme d’un auteur engagĂ© pour de causes nobles.

Pour l’avenir, je promets de ne pas m’arrĂȘter Ă  ce premier livre. Si Dieu le veut, Peau de misĂšre ne sera que le premier livre d’une trĂšs longue sĂ©rie.

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My Book Covers Very Sensitive Taboo Topics That Most People Don’t Like To Discuss Openly, Thereby Causing A Lot Of Frustrations And Trauma

June 3, 2023 by jmbarga

Your book ‘Taboo Life’ has just been published simultaneously in French and English, and it is already a great success. Could you tell us what it’s about and what themes it deals with?

First and foremost, thank you Joseph for offering me the opportunity to talk about my first book that tells the true story of my life in Cameroon as a child and young adult.

The book covers very sensitive taboo topics that most people don’t like to discuss openly, thereby causing a lot of frustrations and trauma. Some of the topics covered are: sexual abuse including a double rape, early pregnancy, abortion, single parenthood, betrayal, love quest, relationship with a married man

What made you decide to talk about those experiences in a ‘Roman Ă  clef’?  

A roman a clef allows an author to talk about real people and events with fictitious names. This was the best way to tell the true story of my life growing up in Cameroon without having to obtain legal approval from all the parties involved.

Now that you are a woman of influence. If you could inspire a movement that offers solutions in the fight against sexual violence, what would that be? 

That is an excellent question. I would call it the SPEAK UP MOVEMENT. This book was published for four main purposes all related to the fight against sexual violence:

1- For my own therapy, so that I could find healing in the process of telling my story

2- For other victims therapy, so that by reading my story, they could be inspired to speak up as well and find hope to survive and thrive but also to heal from their own trauma.

3- For the world to start discussing those sensitive topics rather than keeping them a taboo, and thereby creating more awareness so people can learn how to avoid certain dangers, how to react when certain things happen to them, and possibly help deter those who may be tempted to cause more victims.

4- Most importantly, all the proceeds of the book will help build a SUCCESS CENTER where volunteers and other specialists will educate, support and empower people who may find themselves in the vulnerable situations described in the book.

Can you share the most compelling story that happened to you since you published your book and that reinforces your decision was good to tell your story? 

Yes, it took me years of hesitations to finally publish this book and I am glad I did because I am heartbroken but also relieved when I see the overwhelming number of messages I receive from people who were sexually abused and could not speak up. After a book signing event, a lady about 60 years old walk up to me, in tears, saying that my story broke heart but she is glad I wrote about it because it will open the conversation so that more victims can speak up. She mentioned that she was a victim herself at a young age and that recently her two daughters came to her after reading the book and told her that they went through the same experience. She just wanted to thank me for helping others heal with me and for raising awareness on such a sensitive topics, to equip the younger generation so they can better avoid or tackle such situations.

The story ends when you leave for the USA. Did this step mark the end of your challenges? If not, do you envisage a sequel to your book?

Moving to the USA may have marked the end of sexual violence for me but opened the door to other challenges that will inspire those who will read the sequel that I am currently working on.

What advice you wish someone provided you before starting your journey to a successful businesswoman?

I wish someone told me the level of hardwork and resilience it will require but most importantly I wish someone told me the importance of having a mentor, because that would have definitely expedited my success.

How can we get your book here in Cameroon, and do you plan to come and discuss its relevant themes with us? 

I will be on a book tour in Cameroon very soon, the dates are not yet set but to keep up with my updates, I recommend that everyone follows my Facebook page @CoachLisaPrudy and my Youtube Channel.

The book is currently available worldwide on Amazon: https://amzn.to/3AgTBrL

In Yaounde at Librairie des Peuples Noirs.

In Douala, at our office Keywords 4 Success Douala, opposite ORCA store.

Whatsapp: (237) 91 24 31 43 for orders and we can deliver nationwide in Cameroon.

Thank you.

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La Diaspora PrĂ©fĂšre ConsidĂ©rer Le Cameroun Comme Un Pied- À-Terre. Dommage, Car Les OpportunitĂ©s Sont Enormes Dans Un Pays En Friche, OĂč Tout Est À Faire.

May 11, 2023 by jmbarga

Les causes des migrations dans le monde ont-elles Ă©voluĂ© selon vous ? Quel est selon vous le poids de l’aspect Ă©conomique dans la dĂ©cision de s’expatrier.

Oui bien sĂ»r ! Avant nous allions en Europe pour Ă©tudier. Le dĂ©part en Europe Ă©tait mĂȘme l’occasion pour les familles de se retrouver pour dire au revoir Ă  celui qui s’en va avec l’assentiment de la famille. Aujourd’hui, la donne a carrĂ©ment changĂ©. La situation Ă©conomique dĂ©sastreuse en est la principale cause : le chĂŽmage, le manque d’argent et surtout la perte de l’espoir de s’en sortir un jour, de voir le bout du tunnel. Le paradoxe, aujourd’hui, est que mĂȘme les personnes ayant une situation plutĂŽt enviable, au-dessus de la moyenne aussi s’en vont. Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont pas la paix psychologique. Lorsqu’on vous coupe l’eau ou l’électricitĂ©, mĂȘme avec votre argent, vous subissez les mĂȘmes dĂ©sagrĂ©ments que les autres. Si vous ĂȘtes malade, la prise en charge est la mĂȘme sauf si vous allez dans les cliniques privĂ©es et encore ! Le plateau technique peut ĂȘtre dĂ©faillant.

Et puis il y a la perception de l’occident qui reste l’eldorado ; avec l’avĂšnement d’Internet, les images de l’étranger dĂ©filent Ă  longueur de journĂ©e et il y a aussi les appels d’offres des structures privĂ©es qui se spĂ©cialisent dans ce secteur juteux et vous promettent de voyager.

Dans un monde de plus en plus ouvert, mais dans lequel on peut noter aussi une tendance Ă  certaines formes de replis, comment dĂ©finiriez-vous l’identitĂ© d’un ĂȘtre humain ?

Une identitĂ© plurielle, mais avec toujours la sauvegarde des valeurs issues de nos origines. Nous ne devons jamais oublier d’oĂč nous venons. Rester connectĂ© avec la terre d’Afrique mais toujours apprendre des autres.

Lorsqu’on va en terre Ă©trangĂšre, l’on a tendance Ă  se rapprocher des personnes qui nous ressemblent. C’est humain. Maintenant, il faut juste gĂ©rer cette dualitĂ© sociĂ©tale et accepter que le monde Ă©volue en bien mais aussi en mal. Trouver un Ă©quilibre.

Dans votre ouvrage Le Cadenas, Cahier d’un DĂ©tour au Pays Natal, la thĂ©matique des visites et des retours au continent berceau de l’humanitĂ© pour la diaspora africaine est centrale. À votre avis, qu’est-ce que par exemple le Mboa  a de si particulier qui fait que la dame Ewodi de l’üle du Wouri (ou tout.e autre camerounais.e) ressente l’appel du pays partout oĂč elle se trouve dans le monde ?  

Pour les enfants qui sont nĂ©s Ă  l’étranger, c’est un autre dĂ©bat. Mais pour ceux qui sont nĂ©s au pays, qui y ont acquis les fondamentaux, les bases d’une certaine Ă©ducation, il y a comme une « dette Â», une sorte de reconnaissance et il faut renvoyer l’ascenseur. Il ne faut pas se mettre la pression, mais il faut savoir que l’appel de l’Afrique doit aussi ĂȘtre un choix. Il y a des personnes qui ont Ă©tĂ© en situation prĂ©caire en Afrique et qui pour rien au monde ne voudraient rentrer, car elles sont parties pour sauver leur famille. Et il y en a d’autres qui n’ont pas ce problĂšme ! Alors pourquoi ne pas rentrer ?

Dans tous les cas, que ce soit pour un DĂ©tour ou un Retour, l’essentiel est de savoir que malheureusement Ă  cause des manquements de ceux qui nous dirigent, nos familles, notre pays a besoin de nous. Vous n’allez pas laisser mourir votre frĂšre ou votre cousin restĂ©s au pays sous prĂ©texte que c’est Ă  l’état de prendre ses responsabilitĂ©s. C’est vrai que l’état est le garant des biens et des personnes mais s’il est dĂ©faillant, que faire ? Soutenir, s’entraider reste la solution.

Qu’est-ce qui vous paraĂźt le plus difficile aujourd’hui pour une personne de la diaspora dans la dĂ©cision de rentrer s’installer dĂ©finitivement au Cameroun ?

Lorsque l’on interroge la diaspora, c’est presque toujours le problĂšme de la santĂ© et la prise en charge en cas de malaise


La Diaspora compare (et c’est son droit) le confort sanitaire  qu’elle vit Ă  l’étranger et l’offre de soins qui lui est proposĂ©e au pays. Il n’y a pas photo ! Et la rĂ©ticence est d’autant plus grande s’il y a des enfants.

Il y a aussi le cĂŽtĂ© professionnel. Au-delĂ  de l’argent, si vous n’avez pas les outils indispensables pour travailler, ça devient compliquĂ©. Il faut beaucoup de courage et d’abnĂ©gation ! Mais aujourd’hui, les gens sont fatiguĂ©s de se battre pour du vent.

Du coup, le retour dĂ©finitif est compliquĂ© et dans mon ouvrage, je parle de DĂ©tour. La diaspora prĂ©fĂšre considĂ©rer le Cameroun comme un pied-Ă -terre. Dommage, car les opportunitĂ©s sont Ă©normes dans un pays en friche, oĂč tout est Ă  faire.

Il y a cette anecdote dans votre rĂ©cit oĂč vous parlez de la dĂ©dicace de l’un de vos ouvrages au cours de laquelle il n’y a eu qu’un maigre public. Quel est selon vous l’état de la littĂ©rature au Cameroun ?

 (Rires)

Au Cameroun, c’est le football qui est roi. Il mobilise les passions collectives.

AprĂšs, il y a l’alcool ! VoilĂ  les ingrĂ©dients rĂ©unis pour festoyer.

Il y a un construit savamment élaboré.

Du coup, les livres concernent une Ă©lite qui s’approprie l’espace spirituel du peuple qui est donc dans de bonnes prĂ©dispositions pour ĂȘtre manipulĂ©.

Le jour oĂč je verrais les bibliothĂšques, les Ă©vĂšnements littĂ©raires aussi courus que les matchs de football, je ne sais pas
je ne veux rien promettre.

Maintenant, est-il encore nĂ©cessaire de parler du rĂŽle de l’état ? Des organismes dĂ©diĂ©s comme la SOCILADRA


La littĂ©rature est le parent pauvre de l’ART parce qu’aujourd’hui, c’est le pouvoir de l’argent qui se justifie. Vous pouvez ĂȘtre un parfait cancre mais si vous avez de l’argent mĂȘme mal acquis, vous ĂȘtes vĂ©nĂ©rĂ© et vous conservez un vrai pouvoir de nuisances. Votre intĂ©rĂȘt ne sera jamais de valoriser ce qui contribuerait Ă  Ă©lever vos semblables mais Ă  les maintenir dans un Ă©tat de dĂ©pendance financiĂšre et spirituelle.

Vous aimez les jeux de mots, vous utilisez Ă  profusion les expressions locales dans votre rĂ©cit. Avec le recul que vous avez eu en passant un certain temps hors de votre pays natal, pensez-vous que la langue utilisĂ©e au quotidien peut donner des indicateurs importants sur la sociĂ©tĂ© ?

Oui surtout que la langue française Ă©volue. Elle est parlĂ©e diffĂ©remment en cĂŽte d’ivoire, au Congo ou au Cameroun. C’est une langue vivante et l’appropriation spatiale de celle langue par les africains doit ĂȘtre prise en compte. J’écris pour ĂȘtre lue, entendue et comprise, pas pour que les gens consultent le dictionnaire Ă  chaque mot.Une langue est un indicateur social selon que l’on soit au marchĂ© ou dans des salons huppĂ©s. Il faut s’adapter Ă  l’environnement qui nous entoure. Au Cameroun, on rĂ©pond Ă  une question par une question
On utilise des spĂ©cificitĂ©s que seuls les camerounais comprennent. C’est un refuge. Dans mon rĂ©cit,  il m’a semblĂ© important de faire corps avec le peuple qui est ma principale source d’inspiration.

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